Pourquoi la protection des données personnelles est essentielle après 60 ans
Avec la généralisation d’Internet, les personnes de plus de 60 ans utilisent de plus en plus le numérique pour rester en contact avec leurs proches, gérer leurs comptes bancaires, leurs démarches administratives ou leur santé. Cette autonomie en ligne est précieuse, mais elle s’accompagne de nouveaux risques : vols de données, arnaques, usurpation d’identité, piratage de comptes.
Les cybercriminels ciblent fréquemment les seniors, qu’ils perçoivent comme des internautes moins à l’aise avec les outils numériques. Protéger ses données personnelles en ligne après 60 ans devient donc un enjeu de sécurité, mais aussi de tranquillité d’esprit. L’objectif n’est pas d’avoir peur, mais de savoir reconnaître les principales menaces et d’adopter quelques réflexes simples.
Ce guide pratique propose des conseils concrets pour renforcer sa sécurité numérique au quotidien : mots de passe, e-mails frauduleux, achats en ligne, réseaux sociaux, paramétrage des appareils et accompagnement des proches.
Bien comprendre ce que sont les données personnelles
Pour mieux se protéger, il est utile de savoir clairement ce que l’on cherche à préserver. Les données personnelles sont toutes les informations qui permettent de vous identifier directement ou indirectement. Elles ont une valeur pour les entreprises… mais aussi pour les escrocs.
On peut citer notamment :
- Votre identité : nom, prénom, adresse postale, date et lieu de naissance, numéro de téléphone.
- Vos identifiants de connexion : adresses e-mail, identifiants de comptes, mots de passe.
- Vos informations bancaires : numéros de carte, RIB, identifiants d’accès à la banque en ligne.
- Vos données de santé : résultats d’analyses, comptes rendus médicaux, historique de soins.
- Vos habitudes de vie : lieux fréquentés, préférences d’achats, centres d’intérêt.
Entre de mauvaises mains, ces informations peuvent servir à :
- Usurper votre identité pour ouvrir un compte, contracter un crédit ou réaliser des achats.
- Accéder à vos comptes bancaires ou à vos comptes de messagerie.
- Vous manipuler par des arnaques plus crédibles (faux conseiller bancaire, faux technicien…).
Créer et gérer des mots de passe vraiment sécurisés
Les mots de passe sont souvent le premier rempart pour protéger vos données personnelles en ligne. Or, beaucoup d’internautes, seniors ou non, utilisent encore des mots de passe simples, faciles à deviner, ou le même mot de passe sur plusieurs sites.
Pour renforcer votre cybersécurité après 60 ans, quelques principes s’imposent :
- Utiliser un mot de passe différent pour chaque compte important (banque, messagerie, santé, réseaux sociaux).
- Créer des mots de passe longs (au moins 12 caractères) en mélangeant lettres majuscules, minuscules, chiffres et symboles.
- Éviter les informations évidentes : date de naissance, prénom des enfants ou petits-enfants, nom de votre animal.
- Ne jamais noter vos mots de passe sur un papier visible près de l’ordinateur.
Pour simplifier cette gestion, les gestionnaires de mots de passe sont des outils très utiles. Il s’agit de logiciels ou d’applications qui mémorisent pour vous tous vos mots de passe dans un « coffre-fort » sécurisé. Vous n’avez plus qu’un seul mot de passe principal à retenir. Certains navigateurs Internet intègrent déjà une fonction de gestion des mots de passe, mais il existe aussi des solutions spécialisées (gratuites ou payantes) plus complètes.
Enfin, lorsque c’est possible, activez la double authentification (appelée aussi « authentification à deux facteurs »). Vous recevez alors un code par SMS ou via une application sur votre téléphone pour confirmer votre connexion. Même si un pirate découvre votre mot de passe, il lui manquera ce code pour accéder à votre compte.
Reconnaître les e-mails et messages frauduleux (phishing)
Le « phishing », ou hameçonnage, est l’une des arnaques en ligne les plus répandues. Vous recevez un e-mail, un SMS ou un message sur un réseau social qui imite parfaitement un organisme connu : banque, Sécurité sociale, EDF, opérateur téléphonique, voire un proche. Le message vous invite à cliquer sur un lien ou à transmettre des informations personnelles.
Quelques signes doivent vous alerter :
- Un ton alarmiste : « Votre compte va être bloqué », « Dernier avertissement », « Action immédiate requise ».
- Des fautes d’orthographe ou de grammaire inhabituelles pour un organisme officiel.
- Une adresse d’expéditeur suspecte, qui ne correspond pas exactement au site officiel.
- Un lien sur lequel on vous demande de cliquer pour vous connecter ou mettre à jour vos informations.
- Une demande directe de mots de passe, de codes de carte bancaire ou de RIB.
Les bons réflexes à adopter :
- Ne jamais cliquer sur un lien reçu par e-mail ou SMS pour accéder à votre banque, votre compte Ameli ou vos impôts.
- Ouvrir vous-même votre navigateur et taper l’adresse officielle du site (ou utiliser vos favoris).
- Ne pas répondre au message si vous avez le moindre doute.
- Effacer les messages suspects, ou les transférer au service client officiel pour vérification.
- En cas de doute persistant, appeler l’organisme avec le numéro indiqué sur votre carte, votre relevé ou leur site officiel, jamais celui du message reçu.
Mettre à jour et sécuriser ses appareils (ordinateur, tablette, smartphone)
La protection des données personnelles ne se limite pas à Internet. La sécurité de vos appareils (ordinateur, tablette, smartphone) joue un rôle déterminant. Des logiciels obsolètes ou un appareil non protégé peuvent être une porte d’entrée pour les virus et les pirates.
Quelques mesures simples permettent de réduire les risques :
- Activer les mises à jour automatiques du système (Windows, macOS, Android, iOS) et des applications.
- Installer un antivirus reconnu, le maintenir à jour et lancer régulièrement des analyses.
- Protéger l’accès à l’ordinateur, la tablette et le smartphone par un code, un schéma ou un mot de passe.
- Sur smartphone, activer la localisation à distance et la possibilité d’effacer le contenu en cas de vol ou de perte.
- Éviter de se connecter à des réseaux Wi-Fi publics non sécurisés pour les opérations sensibles (banque, santé…).
Pour les seniors moins à l’aise avec ces aspects techniques, de nombreuses associations, ateliers numériques municipaux ou services d’accompagnement à domicile peuvent proposer une aide à la mise en place et à la vérification de ces réglages de sécurité.
Utiliser les réseaux sociaux en protégeant sa vie privée
Les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, WhatsApp, etc.) sont souvent un moyen essentiel pour les personnes de plus de 60 ans de garder le contact avec leur famille, notamment les petits-enfants. Mais ils impliquent aussi le partage de nombreuses informations personnelles, parfois sans en avoir pleinement conscience.
Pour une utilisation plus sûre :
- Vérifier et ajuster régulièrement les paramètres de confidentialité : qui peut voir vos publications, vos photos, votre liste d’amis ?
- Limiter la quantité d’informations visibles publiquement : date de naissance complète, adresse, numéro de téléphone.
- Éviter de publier des photos de billets d’avion, de documents officiels ou d’objets de valeur.
- Ne pas annoncer publiquement des périodes d’absence prolongée (vacances, hospitalisation), qui peuvent intéresser des cambrioleurs.
- Accepter uniquement les demandes d’amis de personnes que vous connaissez réellement.
Certains réseaux sociaux proposent un check-up de sécurité ou un « rappel de confidentialité ». Prendre quelques minutes pour parcourir ces outils permet de repérer les informations trop exposées et de les restreindre.
Effectuer des achats en ligne et gérer ses comptes en toute sécurité
Que ce soit pour acheter des produits adaptés aux seniors, réserver un voyage ou gérer ses finances, les achats et services en ligne font désormais partie du quotidien numérique après 60 ans. Ils impliquent la transmission de données sensibles, notamment bancaires.
Pour limiter les risques :
- Vérifier la présence du cadenas et du « https » dans la barre d’adresse du site au moment du paiement.
- Privilégier les sites connus, ou vérifier les avis et la réputation d’un site avant d’y saisir vos informations.
- Refuser d’enregistrer automatiquement les coordonnées de votre carte bancaire sur des sites que vous utilisez peu.
- Surveiller régulièrement vos relevés bancaires et signaler immédiatement toute opération suspecte à votre banque.
- Utiliser si possible des systèmes de paiement sécurisés (3D Secure, code SMS de validation, carte virtuelle).
Certaines banques proposent des cartes à usage unique ou des plafonds spécifiques pour les achats en ligne. Ces solutions techniques peuvent rassurer les internautes seniors souhaitant profiter du e-commerce sans crainte excessive.
Accompagner un proche de plus de 60 ans dans sa sécurité numérique
Beaucoup de seniors s’initient ou se perfectionnent au numérique avec l’aide d’un proche : enfant, petit-enfant, voisin, aidant professionnel. Cet accompagnement peut être une excellente façon de renforcer la sécurité des données personnelles, à condition de respecter l’autonomie et le rythme de la personne.
Quelques pistes pour un accompagnement bienveillant :
- Commencer par écouter les besoins : quels sites utilise-t-elle ? Quelles sont ses inquiétudes ?
- Montrer les bons gestes en direct, sur son propre appareil, plutôt que de faire à sa place.
- Créer ensemble des mots de passe robustes en expliquant les principes, puis les enregistrer dans un gestionnaire de mots de passe.
- Paramétrer avec elle les options de sécurité de ses comptes (messagerie, banque, réseaux sociaux).
- Proposer une « revue de sécurité » régulière (tous les 6 à 12 mois) pour vérifier les réglages et les habitudes.
Des structures comme les maisons de quartier, les centres sociaux, les clubs de seniors ou certaines médiathèques organisent également des ateliers de prévention sur la protection des données, la cybersécurité et les arnaques en ligne.
Une check-list simple pour protéger ses données personnelles au quotidien
Pour les internautes de plus de 60 ans, retenir quelques règles de base permet déjà de réduire fortement les risques en ligne. Cette check-list peut être imprimée ou affichée près de l’ordinateur :
- Je n’utilise pas le même mot de passe pour tous mes comptes importants.
- Je ne communique jamais mes mots de passe, codes bancaires ou numéros de carte par e-mail, SMS ou téléphone.
- Je me méfie des messages urgents qui me demandent de cliquer sur un lien ou de valider rapidement une opération.
- Je tape moi-même l’adresse des sites sensibles (banque, impôts, santé) dans mon navigateur.
- Je garde mon système et mes logiciels à jour, et j’utilise un antivirus.
- Je fais attention à ce que je publie sur les réseaux sociaux, en particulier sur ma vie privée et mes absences.
- Je vérifie toujours la sécurité d’un site avant de saisir mes coordonnées bancaires.
- En cas de doute, je demande conseil à un proche de confiance ou à un professionnel, plutôt que d’agir dans la précipitation.
Protéger ses données personnelles en ligne après 60 ans n’exige pas de devenir expert en informatique. Il s’agit surtout d’adopter quelques réflexes simples, de s’informer régulièrement et de ne pas rester seul face à ses questions. En combinant prudence, outils adaptés et accompagnement, les seniors peuvent profiter pleinement des avantages du numérique tout en limitant les risques pour leur vie privée et leur patrimoine.

